Hohokum : Ce petit ver qui met son œil dans tous les trous!
Vous connaissez le syndrome de la page blanche? Essayez d’écrire un test sur Hohokum ! Vous verrez, c’est merveilleux comme vous ne saurez plus dans quel ordre mettre les mots. Pour commencer, j’ai posé un joli titre (un peu racoleur) et puis, plus rien.
Il faut avouer que cette exclusivité Sony, développé par Honeyslug et Richard Hogg me fait saliver depuis ma première prise en main à l’E3 2013. Et qu’à force de trop baver, mon cerveau a aussi été entraîné par ce relâchement de la mâchoire (je vous laisse mettre des images à cette métaphore). Heureusement, il paraît que ça élève l’esprit et les sens de se laisser aller. Et pour le coup, Hohokum est le miracle qu’il vous faut. Un jeu vidéo léger, sans emprise ni prise de tête, une bulle de bonheur, des éclats de douceur et des étoiles dans le cœur (oh yeahhhh).
Hohokum est de ces jeux merveilleux qui se laissent ni attraper ni décortiquer. À l’instar de Flowers ou de Journey, ce nouveau titre poétique est une élévation de l’âme pour certains ou un puissant somnifère pour d’autres. Ne vous attendez pas à mourir ou à faire du scoring. Espérez encore moins trouver un inventaire ou combattre des ennemis. Non, Hohokum se contemple à votre rythme, et se savoure délicatement. Encore faut-il prendre le temps d’en découvrir toutes les saveurs.
Effectivement, l’univers d’Hohokum est aussi riche qu’abstrait. Vous contrôlez un vers, aux couleurs de l’arc-en-ciel qui changent en continu, magnifié par un joli œil qui lui sert de tête. Petite flagelle perdue parmi des centaines de formes colorées, vous n’avez de but que de vous promener et de déclencher des événements. Sur votre passage, récoltez différents personnages, allant des animaux aquatiques aux singes, en passant de la petite fille à la lumière au peintre…
L’objectif de ce ramassage est à découvrir de vous-même. Tel un peintre qui pose sa plume sur la toile blanche, un enfant qui lance un tas de neige, un amoureux qui pose sa main sur (ah non je m’arrête), etc. Hohokum est l’essence même du jeu (voir notre dossier sur la nécessité de jouer).
En effet, s’amuser, c’est aussi jouer sans but. Baladez-vous et regardez l’effet de votre flagelle sur les formes et les êtres vivants (à la relecture, je me demande s’il n’y a pas de sous-entendu).
Les plus persévérants peuvent aussi chercher les 146 yeux et l’histoire qui se cache dans chaque niveau.
Ceux-ci sont sous la forme de tableaux 2D à explorer. Les environnements sont variés, aussi charmants et chaleureux les uns que les autres. Dans un monde qui semble entièrement peint, toutes les formes sont (superbement) animées pour donner vie et crédibilité à cet univers abstrait. En effet, tout est très « planant » dans ces grands espaces, sans sol ni plafond. Assez particulière (et j’adore), la direction artistique est en tout cas parfaitement maîtrisée (je vous invite à découvrir le travail de Richard Hogg).
Enfin, la bande son évolue au fil de votre voyage. Celle-ci composée par des artistes de Ghostly (Tycho , Ben Benjamin , Matthew Dear , Shigeto pour ne citer qu’eux) rend le parcours des plus agréables. Découvrez ci-dessous deux vidéos qui mettent en avant mes propos :
La lecture charge le lecteur YouTube.
La lecture charge le lecteur YouTube.Conclusion : Très excellien !
Et oui, je ne pouvais pas donner une conclusion logique et déterminée à Hohokum . Ce titre est un ovni, une ode au jeu détaché de toute contrainte. Une sorte de « No pain, but gain », un mot qui n’existe pas, le Hakunamatata du jeu video. Alors pour tous qui ont une âme d’enfant et s’émerveillent de voir les feuilles voler, la neige tomber, la pluie rebondir, etc. Vous ne regretterez pas le voyage. Mais si vous préférez les legos ou les petits soldats, faîtes vite demi-tour. Nous vous fusillerons juste…du regard!
Les points positifs :
- Une direction artistique originale
- Un univers magique et vivant
- Un monde peint à la main envoûtant
- Un jeu calme et reposant
- Une ode à la contemplation des petites choses
- Un hommage à notre enfance
Les points négatifs :
- Des objectifs difficiles à cerner
- Ne jouez pas si vous êtes trop endormi
- Ne jouez pas si vous être trop excité (euh nerveux je veux dire)
- Vous allez vous perdre car les chemins entre les niveaux passent par des trous différents
- Et parfois la flagelle ne veut pas rentrer dedans
- (Quelques sous-entendus pour celui ou celle qui doit écrire le test)



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