Je n’ai pas honte de vous le dire : Super Mario Bros, le film
Une petite idée qui me trottait derrière la tête depuis ce matin. Peut-être l’approche du premier avril, le retour du printemps, les belles journées, qui sait ? Toujours est-il que cette rubrique intitulée « Je n’ai pas honte de vous le dire » reviendra sur quelque chose qui sommeille au fond de nous et qui paraît pourtant surréaliste. Oui, dans le monde, des gamers détestent des jeux pourtant adorés voire adulés par le plus grand nombre. De la même manière, il existe des jeux considérés comme ignobles par certains que d’autres aiment beaucoup. Et pour ce premier essai, j’ai décidé de vous parler non pas d’un jeu… mais d’un film : Super Mario Bros !
Tout d’abord, on va démarrer la machine à remonter le temps pour prendre la direction de l’année 1991. Pour comprendre l’origine de ce projet farfelu (adapter Super Mario Bros au cinéma, il fallait être sacrément couillu quand même), il faut s’appuyer sur un homme : le producteur Roland Joffé. Attiré par l’univers du plombier et étant persuadé qu’il y avait quelque chose à faire avec celui-ci, le réalisateur britannique est parvenu à décrocher un rendez-vous avec Minoru Arakawa. A l’époque, le beau fils de Hiroshi Yamauchi, est Président de Nintendo of America et il reconnaît son intérêt pour une adaptation au cinéma de Super Mario Bros. Mais le big boss reste Hiroshi Yamauchi, Président de Nintendo au Japon. Un mois après la réunion avec Minoru Arakawa, Roland Joffé se rend au Pays du Soleil Levant et reste une dizaine de jours, lui permettant de rencontrer le très charismatique Hiroshi Yamauchi. Un script lui est présenté et Joffé parviendra à débloquer 2 millions de dollars pour la réalisation du film. Étonnamment, Nintendo n’aura qu’un regard créatif sur le long-métrage. La raison : la firme de Kyoto est curieuse de découvrir si un film Mario peut changer l’image de marque du plombier.
Malheureusement, le film va être un gigantesque gâchis. Au départ, le projet est censé être réalisé par Greg Beeman (qui a travaillé sur de multiples séries américaines dont Heroes) mais celui-ci est évincé. Après son départ, le script est réécrit à plusieurs reprises. Ce qui devait être une petite fable de fantasy à la manière du jeu se transforme en un blockbuster hollywoodien, à l’aspect très occidental. Et surtout, ce qui est incompréhensible, c’est que Roland Joffé et la production souhaitent une thématique plus sombre et surtout tournée vers les adultes. Un comble pour un film sur Super Mario Bros ! La réalisation, quant à elle, a été une véritable catastrophe : si les acteurs s’entendaient très bien, il y avait une énorme animosité envers certaines têtes pensantes du projet (les réalisateurs, la production, etc.). Pour le regretté Bob Hoskins, Super Mario Bros a été « la pire chose qu’il ait jamais faite ».
Et pourtant…
J’aime ce film !
Démonté, conspué, détesté… il n’a pas marché et ça a été un joli gouffre financier. Et pourtant, j’aime ce film ! C’est probablement parce que je l’ai découvert durant mon adolescence et que la fibre nostalgique sommeille toujours en moi. A l’époque, il passait sur Canal + et ma cousine l’avait enregistré sur cassette vidéo. Même si ça s’appelle Super Mario Bros, j’ai toujours compris, dès le pitch du narrateur au début, qu’il fallait totalement s’éloigner de l’oeuvre d’origine. En clair, je l’ai pris pour ce qu’il est : une oeuvre inspirée de Super Mario mais tournée vers la science-fiction. Alors oui, c’est fait de façon ultra maladroite (la gamine qui naît dans un œuf par exemple) mais à l’époque, j’étais jeune et j’ai totalement plongé dans cet univers avec mes frangins. Il faut dire que les effets spéciaux en mettaient plein la vue, avec quelques moments bien drôles. Et ça, je l’ai gardé au fond de moi et l’ayant vu récemment, bah je l’ai (presque) autant apprécié qu’à l’époque. Mais je l’ai pris, là encore, dès le départ au 1 000ème degré.
La lecture charge le lecteur YouTube.
La lecture charge le lecteur YouTube.La prochaine fois, je me focaliserai sur un jeu que j’aime… mais qui a pris une véritable tôle un peu partout.



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