Test : Harold
Il fut un temps, les manettes étaient limitées à deux boutons. Étant jeunes, nous n’avions pas besoin de multiples combinaisons pour nous éclater sur Sonic et Mario. Une touche pour le saut, une pour l’action et basta, on ne faisait pas de fioritures à l’époque ma bonne dame. Aussi, lorsque l’avènement des consoles 16 bits et 32 bits est arrivé, il a fallu un peu de temps d’adaptation. Et puis, petit à petit, ces manettes sur-équipées sont devenues notre lot quotidien. Aujourd’hui, avec les smartphones, le phénomène du seul et unique bouton est revenu et il a fallu réapprendre ce type de gameplay. Et le succès des Rayman Jungle Run est là pour le prouver : ça marche et même plutôt bien ! Avec Harold, on retrouve cette capacité à nous surprendre avec peu de commandes, même si comme vous le verrez, les touches sont un peu plus nombreuses qu’un Rayman Jungle Run. Une chose est sûre, essayez Harold, c’est l’adopter ! Encore plus si vous êtes fans de films d’animation.
Harold est un peu ce qu’on pourrait appeler un run’n’run. Pour faire simple, notre héros au look improbable (le character design est absolument génial) doit participer à des courses jonchées d’obstacles. Mais à la différence d’un jeu « classique », l’athlète court continuellement. Une fois que la partie est lancée, il est impossible de l’arrêter. Il faut donc interagir avec l’environnement pour tenter de terminer la course (loin d’être simple) et surtout gravir les premières places. Le concept paraît très simple dit comme ça, mais vous allez voir que le studio Moon Spider a un talent fou pour surprendre le joueur ! L’idée derrière Harold est de proposer un jeu dynamique, mis en scène à la manière d’un dessin animé et nous faisant voyager dans des lieux variés aux mille dangers.

Infatigable !
Comme dit plus haut, Harold ne s’arrête jamais. La seule interaction possible avec notre sportif du dimanche est de lui permettre de sauter… ou d’accélérer violemment sa course (en même temps, se prendre un coup d’éclair dans les pompes, ça ne laisse pas indifférent). On retrouve ainsi la philosophie des jeux dits « runners » (à la Rayman Jungle Run justement) et on se dit que tout ne va être que saut et accélération, mais c’est sans compter sur le talent créatif de l’équipe de Moon Spider. En effet, Harold est construit de la manière suivante : une phase d’entraînement pour chaque zone, la course qui va bien et un challenge où il est question de ramasser des étoiles. Dans ce dernier mode, le personnage court à pleine vitesse (vous vous rappelez ? les pompes en feu) et le moindre faux pas est puni d’un Game Over. Au départ, les entraînements peuvent paraître contraignants, mais on se rend vite compte de leur importance.

Ah, les crococo, les crocodileuuuh
Harold propose une somme absolument étonnante d’éléments à actionner. En plus du saut et de la course du héros, il faut veiller à déplacer des plateformes (en haut, en bas, à gauche, à droite), à fracasser des crocodiles belliqueux ou des palissades, à dissiper un mirage, à abaisser ou monter des pont-levis, à attirer un orque dévoreur de poissons, etc. C’est donc à une véritable frise animée que l’on assiste, les obstacles et le gameplay étant toujours plus ingénieux de niveau en niveau. Et ce qui paraît compliqué est finalement assez aisé dans les faits puisqu’il suffit juste de déplacer son stick dans différentes directions ou encore donner des à-coups. Mais si apprendre les commandes est une chose, parvenir à terminer la course et remporter la victoire en est une autre. Harold est un jeu redoutable. Addictif mais redoutable ! D’ailleurs, cela devient particulièrement hard à gérer lorsqu’il faut, en plus, utiliser les touches de tranche pour passer d’un des éléments à l’autre dans la même scène ! Le timing des actions doit être parfait pour que le personnage passe les obstacles sans encombre, surtout que les développeurs ont eu la formidable idée… de ne pas limiter l’interaction à Harold ou aux éléments du décor.

Vive les coups bas
Et non ! En plus de veiller sur son héros, le joueur peut utiliser les dangers de l’environnement pour les retourner contre les autres coureurs. Par exemple, si l’un des participants grimpe sur une palissade, rien de tel qu’un bon coup de marteau pour briser celle-ci et voir l’adversaire se ramasser la tronche sur le sol. Ou à l’approche d’un précipice, rien n’est plus drôle que de déplacer au dernier moment la plateforme salvatrice pour voir l’individu battre le record de la chute libre. Les situations sont géniales et on se demande où les créateurs du jeu ont été cherché tout ça. Certes, il s’agit d’un véritable « die and retry » dans le sens où la moindre erreur se paye cash ou presque (la barre de vie est matérialisée par les nuages – que l’on obtient en ramassant des items sur la piste – qui permettent également d’accélérer, il faut donc trouver le juste équilibre). Mais c’est justement en se forçant qu’on découvre la richesse du jeu et l’incroyable marche de progression qui découle des multiples essais réalisés par le joueur. Plus les niveaux se succèdent et plus les possibilités sont surprenantes. Il est ainsi possible, arrivé à un certain endroit, d’anticiper pour ralentir les coureurs en tête ou qui sont juste derrière vous. Mais attention, car cela demande une sacrée concentration.

Un vrai DA
Dans ces conditions, il est évident qu’Harold est une réussite, d’autant plus que la réalisation force le respect. L’équipe de Moon Spider Studios réunit quelques anciens de Disney Floride et le résultat, digne des plus grands dessins animés, est tout simplement fantastique. L’animation, fluide et hilarante, est appuyée par des décors colorés, vivants et surtout variés. Les douze mondes du jeu sont répartis sur 4 environnements : Jungle, Désert, Arctique et Plage. Si cela peut paraître un peu limité, les situations se renouvellent suffisamment pour vite oublier ce chiffre. Il faut aussi souligner l’excellente bande son signée Olivier Derivière qui, encore une fois, prouve tout son talent. Quelque soit la zone traversée, c’est un véritable régal pour les oreilles, d’autant plus que la mélodie s’adapte à votre position par rapport à Harold. Si vous vous éloignez du loustic en basket, le thème semble comme étouffé et redevient normal dès que vous vous approchez à nouveau. Harold est un titre formidable, vendu pour une vingtaine d’euros et qui mérite vraiment, mais alors vraiment d’être connu de toutes et tous ! Un jeu vraiment surprenant !
La lecture charge le lecteur YouTube.Conclusion du rédacteur : TRÈS BON
Oui, Harold est une totale réussite ! Inspiré par les grands classiques (Disney, Looney Tunes…) et mis en scène de manière parfaite (animation image par image, musiques immersives, situations rocambolesques…), le jeu de Moon Spider Studios a le don de nous attraper et de ne plus nous lâcher. Et même quand on croit avoir fait le tour d’un niveau, on découvre finalement la présence d’un raccourci faisant la nique à tous les participants (il y a d’ailleurs un raccourci par niveau). Certes, c’est du « die and retry » et il faut aimer le côté répétitif de l’action mais le challenge mérite vraiment le détour !
Les points forts :
- Réalisation extraordinaire
- Un hommage aux classiques du dessin animé
- Addictif
- Blindé d’idées
- Direction artistique géniale
- Musiques très réussies
Les points faibles :
- Rude pour les nerfs par endroits
- Jouable uniquement au pad (pour le moment)
- Se farcir l’entrainement à chaque fois pourra en gêner certains

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