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Un pour tous ? Les jeux vidéo doivent-ils être violents pour plaire ?

MISE À JOUR DU JEUDI

Nous vous proposons chaque semaine de participer aux débats animés qui sévissent dans la rédaction : chaque jour, l’un des membres de Joypad va poser son avis sur la question de la semaine, mais vous êtes très largement encouragés à participer à notre débat en vous fendant de commentaires constructifs, ou tout simplement en nous soutenant les uns les autres sur nos points de vue.

Le jeu vidéo et la violence ont toujours fait polémique. En effet, certaines personnes aiment accuser les jeux vidéo de pervertir nos chères petites têtes blondes (ou brunes ou rousses) ! Évidemment, du côté des joueurs, nous nous soulevons en masse pour crier que c’est totalement faux. Or, il y a peu, j’ai fait une sélection de jeux faisant l’apologie de la paix. Et j’ai été doublement surprise, autant par les résultats internet (pas grand chose avec jeu vidéo et paix) que par les remarques de mon entourage. Petits comme grands enfants semblaient surpris d’avoir des jeux sans ennemi, où le calme règne. Autre « terrible constat », un bon nombre de jeux triple A sont violents, voire prônent la guerre…

Alors, les jeux vidéo doivent-ils être violents pour plaire ?

Lundi : Le point de vue d’Aurélie

 

Du côté des jeux paisibles et poétiques, nous avons Flowers. C’est l’histoire d’une pétale de fleur qui s’échappe de son pot pour combattre la pollution de la ville. Évidemment, l’expérience est des plus rafraîchissantes, mais aussi très courte. Et je dois admettre que mes moments préférés sont les bourrasques de vent qui emportent des tornades de pétales ou ces grosses constructions de fer qui s’écroulent sur mon passage. En quelques mots, faut que ça décoiffe pour me plaire. Tout comme Journey qui a réussi à m’endormir, tant que je n’avais pas activer la connexion internet. C’est seulement en ligne que j’ai trouvé la foi de finir le jeu, tout en chantonnant avec mon nouveau compagnon de route, sous les assauts d’un dragon.
De plus, des jeux aussi poétiques qu’Okami ou Shadow of the Colossus nous font affronter de terribles ennemis, dans des environnements naturels de toute splendeur. De la même façon, que serait Zelda sans sa horde de petits créatures hostiles et de gros boss, ou Mario sans ses plantes et champignons à sauter. Difficile d’imaginer de nombreux jeux sans affrontements, ni obstacles. Sans oublier ce sentiment de bonheur ultime à écarteler des têtes d’Huruk-Haï, de dieux mythologiques ou autres monstres imaginaires. Par contre les jeux de guerre où le contexte est réaliste, sans aucune remise en question sur la valeur d’une vie, me semblent déplacer.

Conclusion, oui il faut des jeux violents dans toute bonne ludothèque qui se respecte. Mais pas seulement, et surtout pas ceux qui font l’apologie de la guerre, sans mesure ni critique. De plus, le sentiment de catharsis procuré par le spectacle de la violence n’est pas à négliger. C’est ainsi, que les jeux calmes et poétiques trouvent toute leur saveur ! 

 

Mardi : Le point de vue de Ghislain 

 

Est-il possible de faire des jeux non violents ? Oui, et heureusement. Un jeu de gestion, une aventure étrange à la Myst ou un Lea Passion Charcutière (j’ai un doute sur celui-là) sont des preuves que les jeux non violent existent.
Est-il possible de faire de bons jeux non violents ? Là, tout de suite c’est plus compliqué. À la différence du cinéma ou d’un bouquin, le jeu vidéo est un medium actif où le joueur doit donc avoir quelque chose à faire. La solution la plus simple pour l’occuper est de provoquer des conflits et l’obliger à réagir, si possible en tapant plus fort que l’opposition. Dès que l’on veut s’écarter de ce principe de conflit, ou l’aborder sans violence, il va falloir réfléchir, et peut-être faire réfléchir le joueur. Et ça, kevin le texan dans son canapé il en a pas forcément envie. Steve du studio de développement ne sait pas forcément faire, et Vincent au conseil d’administration de l’éditeur, il s’est aperçu que sa coûtait cher, que c’était pas facile à vendre et que c’est trop différent d’Assassin of Duty.
Car la non violence, ça veut dire qu’il faut travailler sur d’autres aspects pour intéresser le joueur : une bonne histoire, un univers ou même des fonctionnalités de jeu qui ne soient pas des armes ou différents types de munitions.
Pourtant à bien y regarder, les étals sont remplis de jeux non violents. Ils sont juste à l’écart des projecteurs, et des polémiques. Leur manque de spectacle fait qu’ils ne sont peut être pas sur les écrans des streamers ou de votre supermarché. Mais les Mario, les Sims, les Farming Simulator et même les jeux de foot sont des preuves permanentes qu’il est possible de vendre et d’intéresser de larges communautés sans violence.

Conclusion, non, les jeux n’ont pas besoin d’être violents pour plaire. À quelques exceptions près (licences Nintendo, foot, etc) ils sont simplement plus compliqués à vendre à un public de masse, ou compliqués à produire.  Tout tient en la nature particulière du jeu qui depuis des années se vend sur des graphismes mettant en avant explosions et autres effets spéciaux qui ont plus d’impact sur une explosion d’adversaire que sur l’exploration ou l’enquête d’univers originaux. 

 

Jeudi : Le point de vue de Nicolas

Si on se base sur les chiffres de ventes, les best-sellers sont majoritairement des jeux violents. Alors forcément les triple A ne vont pas changer leurs fusils d’épaules facilement (encore moins les ranger au placard).
Mais regardons la question sous un autre angle, le joueur peut-il éviter d’être violent dans ces jeux là ? Il est vrai que la plupart des jeux ne vous laissent pas trop le choix pour accomplir certaines missions. On se souvient de la polémique Modern Warfare 2, où il était impossible d’échapper à la terrible mission de l’aéroport. GTA aussi dans certains cas ne vous donne aucune autre solution que de tirer dans le tas. Cependant, dans les titres de Rockstar, il est également possible de limiter la grimpette du compteur des morts. Par exemple, rien ne vous empêche d’éviter les passants en conduisant. Personnellement je trouve très intéressant de devoir zigzaguer entre les innocents pour ne pas les faucher inutilement.
Le maître incontesté de ce point de vue là pour moi, reste Assassin’s Creed. Je ne trouve rien de plus grisant que de neutraliser les ennemis à mains nues, alors qu’ils m’attaquent à l’épée !
Donner le choix au joueur donc, est la solution qui me paraît la mieux adaptée pour limiter la casse. C’est d’ailleurs ma réponse aux gens qui fustigent que les jeux vidéo sont violents.

Encore une fois, la réponse et oui et non. Les jeux violents se vendent mieux que les autres, c’est un fait. Ceci dit, il y a aussi des best-sellers avec les jeux de voitures ou de sports. En tant que joueur j’aime qu’on me donne le choix d’agir comme bon me semble, et donc d’éviter de donner la mort sans raison. C’est comme cela que l’on peut revendiquer qu’un jeu n’est pas si violent que ça. Un sujet qui peut nous amener à un autre débat, est-il amusant de ne tuer personne dans un jeu violent ?

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