Frenchgamers, l’actualité du jeu vidéo

Prix Impact IndieCade 2014 : Use of Force, un coup dont on ne se remet pas !

Quand j’ai découvert qu’il y avait un prix impact à l’IndieCade, je n’y croyais pas trop. Aux premiers abords, Use of Force, le titre qui a reçu cette récompense, semble assez vilain mais pas dénué d’intérêt. Il s’agit d’un jeu Oculus Rift qui dénonce un homicide volontaire. Développé par Immersive Journalism, Use of Force est inspiré de faits réels, le meurtre d’Anastasio Hernandez Rojas. Un mexicain qui est mort rué de coups par les forces de l’ordre. Face à cette injustice, Use of Force nous fait revivre ce drame pour nous faire réagir. Mais est-ce vraiment efficace ?

Je décide donc, d’un pas mou et peu enjoué, à aller essayer ce jeu. Surprise, il faut attendre deux heures pour jouer. Pourquoi un tel engouement ? Curieuse, je m’inscris en liste d’attente. Pour patienter, j’espère interviewer Nonny de la Peña, la créatrice du jeu.

image
Mais même pour lui parler, il faut attendre son tour. Je m’impatiente, il y a d’autres jeux (mieux) à faire. Elle me porte tout de même un regard, nous échangeons un sourire. Soudain, elle demande « Quelqu’un pour jouer ? « … Je la regarde, elle me regarde « Non ? Il me faut quelqu’un pour jouer ! « . Elle me regarde, je la regarde. Elle me prend par la main et me tire dans la zone de jeu.

Chanceuse (ou pas), me voici criblée de regards par les envieux qui aimeraient bien être à ma place. On prend mon sac, me visse (littéralement) le casque sur la tête. Un homme me tend un drôle d’appareil, une sorte de télécommande avec une antenne à quatre directions scotchées dessus. Il m’explique que j’ai quatre minutes de jeu, et que je peux filmer une minute. Étonnée, je lui demande :  » Je ne fais que filmer? ».
Il me répond « Oui vous filmez ce que vous voulez, vous avez une minute »
« ‘Ah vraiment et rien d’autre? »
 » C’est tout, vous filmez! »

image

Heureusement ce n’est que quatre minutes. Quatre petites minutes d’ennui, quatre petites minutes, ça passe vite !

Le jeu commence. Une rue avec des passants, et à ma droite une grille. Je décide d’avancer vers le bout de la rue. Une personne extérieure au jeu me prend par les épaules, pour que je fasse demi-tour. Je vais donc vers cette grande grille. Derrière les barreaux, un homme se fait tabasser au sol. J’observe. Je vois quatre hommes, des policiers, qui le ruent de coups. D’autres observent avec un regard amusé. Cette scène est trop violente, je détourne le regard. La foule crie d’arrêter, je les filme. Je regarde de nouveaux derrière la grille. Un homme s’est rajouté au groupe des agresseurs. Je m’amuse à passer la caméra à travers les barreaux et filme. L’homme battu s’écroule par terre. Et sans le moindre respect, les forces de l’ordre le tirent par les épaules.
C’est trop, j’ai envie d’arrêter de jouer, de lâcher la manette et d’éteindre l’écran. Mais non, je suis vissée à ce casque et la caméra est bien trop précieuse pour la faire tomber.

Mon cœur bat un peu trop fort pour un jeu. Même dans un monde virtuel, modélisé en 3D assez primaire, c’est dur d’être confrontée à une telle violence.

La lecture charge le lecteur YouTube.

Finalement, c’est super long quatre minutes !

image

Nouvelle séquence, au-dessus d’un balcon. Je redécouvre la même scène vue d’en haut et décide de filmer les gens qui crient à côté de moi. Je me penche doucement, mais pas trop, pour revoir timidement la scène. Je me penche un peu plus pour essayer de reconnaître les policiers. Je perd l’équilibre et manque de tomber… Rire autours de moi (dans la réalité), pour me rappeler que je suis dans un jeu (efficace l’immersion :)).
Je reprends mes esprits et utilise les dernières secondes d’enregistrement pour filmer Anastasion Fernandez Rojas qui s’écroule.

Le jeu s’arrête (enfin !), c’est terriblement long quatre minutes. On me retire le casque, Nonny me sourit et me demande : « Alors ? ».
Je ne trouve pas de meilleurs mots que « Wahou ».

Use of Force est calqué sur des faits réels. Donc, ce que vous allez jouer, des témoins l’ont vécu, exactement de la même façon. Cette histoire a déjà quatre ans. Et les coupables sont toujours en liberté, impunis.

Malheureusement, je ne peux pas vous conseiller de regarder telle ou telle vidéo. Mais n’hésitez pas à en parler autours de vous.
L’intérêt est limité si vous observez passivement le jeu. Pour comprendre cette expérience, vous devez en être l’acteur, vous impliquer et jouer le jeu.
L’impact n’en sera que plus fort !

 

 

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre e-mail ne sera pas publié. Les commentaires sont relus avant publication.