PlayStation : la fin des jeux sur disque en janvier 2028, ce qui change vraiment
Sony arrêtera de presser des disques pour tous les nouveaux jeux PlayStation à partir de janvier 2028. Jeux déjà sortis, lecteurs, boîtes avec code, magasins : ce que dit l’annonce, et ce qu’elle ne dit pas.
L’annonce a fait l’effet d’une bombe dans les rayons. Le 1er juillet 2026, Sony a publié sur le PlayStation Blog un billet titré sans détour : la production de disques prendra fin en janvier 2028 pour les nouveaux jeux sortant sur les consoles PlayStation. Quatre mois plus tard, beaucoup de choses fausses circulent. Voici ce qui a réellement été annoncé.

Ce que dit l’annonce
Le texte, signé Sid Shuman, est court et précis. À partir de janvier 2028, la production de disques cessera pour « tous les nouveaux jeux sortant sur les consoles PlayStation ». La mesure ne vise donc pas seulement les productions de Sony, mais l’ensemble des éditeurs. Après cette date, les nouveaux jeux seront « disponibles sur le PlayStation Store et chez les revendeurs, uniquement dans des formats numériques ». Sony justifie ce choix par une préférence des joueurs pour le numérique qui « dépasse largement » le support physique.
Ce qui ne change pas
Le billet est explicite sur un point : la transition « n’a aucun impact sur les jeux déjà sortis, ou qui sortiront avant janvier 2028 au format disque ». Votre collection reste lisible. Sony continue par ailleurs de vendre des lecteurs de disque : le 13 octobre, le constructeur a annoncé au Japon une PS5 Digital Edition « Midnight Black » à 55 000 yens, accompagnée d’un lecteur de disque assorti à 11 980 yens, tous deux disponibles le 19 novembre. L’annonce japonaise rappelle au passage l’échéance de janvier 2028.


La boîte avec code, nouveau standard ?
Que vendront les magasins après 2028 ? Lors de la présentation des résultats de Sony le 31 juillet, la direction financière du groupe, par la voix de Lin Tao, a indiqué qu’en Amérique du Nord, des boîtes contenant un code à la place du disque étaient déjà proposées. Pour les autres régions, Sony promet un « dialogue approfondi » avec chaque partenaire pour aboutir à une situation « gagnant-gagnant ». Aucune modalité n’a été précisée pour la France.
Le modèle est déjà là. GTA VI, attendu le 19 novembre, sera vendu en magasin dans une boîte qui ne contient qu’un code de téléchargement, sur PS5 comme sur Xbox, un choix de Take-Two indépendant de l’annonce de Sony.

La lecture charge le lecteur YouTube.Les réactions
Au Royaume-Uni, l’association des distributeurs ERA a dénoncé « un triomphe de la commodité des entreprises sur le choix des consommateurs ». Hideo Kojima s’est dit « vraiment triste », en estimant que le vrai danger était le streaming, où l’éditeur contrôle le serveur et où le joueur n’a plus que « le droit d’ouvrir le robinet ». Aux États-Unis, Sony fait face à une action collective sur l’emploi du mot « Acheter » dans sa boutique, et a fait valoir en août qu’un « consommateur raisonnable » sait qu’il achète une licence.
Pourquoi c’est important
Le disque, c’est la possibilité de prêter, de revendre, d’acheter d’occasion et de conserver un jeu indépendamment des serveurs. Pour les enseignes spécialisées comme pour les collectionneurs, la décision de Sony marque un tournant. Elle laisse aussi beaucoup de questions ouvertes : le sort des éditions collector, la conservation des jeux, le marché de l’occasion. L’analyste Mat Piscatella, du cabinet Circana, estime qu’il faut désormais s’attendre à ce que la PS6 comme la prochaine Xbox soient entièrement numériques. C’est une hypothèse, pas une annonce.
Le même 1er juillet, Sony a aussi annoncé la fermeture du PlayStation Store sur PS3 et PS Vita, dans la plupart des pays en juillet 2027. Les contenus déjà achetés resteront téléchargeables « dans un avenir prévisible ».
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