Test : Evolve
Depuis Left4Dead, le studio Turtle Rock est devenu le spécialiste de la coopération en ligne. Grâce à un bestiaire très futé, les joueurs ne pouvaient y aller de leur escapade solo sous peine de se faire littéralement déchiqueter. En clair, pour survivre, il fallait absolument coopérer, ce qui a donné lieu à des parties devenues cultes. Poussés par leur envie de liberté créative, les développeurs ont décidé de s’échapper de leur franchise en or massif pour imaginer un tout nouvel univers : Evolve. Fait suffisamment rare pour être souligné : les concepteurs de Turtle Rock Studios ont tout fait pour s’assurer d’un code réseau au top et le résultat est vraiment à la hauteur de nos attentes. Mais qu’en est-il du jeu en lui-même ? L’ambition derrière le titre a t-elle été assumée jusqu’au bout ?
La planète Shear, colonisée par les humains, est réputée pour sa végétation luxuriante et ses créatures étonnantes. Mais depuis peu, des monstres ont décidé d’y élire domicile, en prenant soin de tout défoncer sur leur passage, dont les nombreux avant-postes construits par les terriens. Bref, c’est le boxon et si rien n’est fait pour endiguer cette terrible menace haute comme trois étages, la planète Shear sera totalement détruite. C’est dans cette optique qu’interviennent quatre gros balèzes, Hommes et femmes, chacun des protagonistes sont spécialisés dans diverses fonctions : Assaut, Medic, Soutien ou encore Trappeur. Il existe trois personnages pour chaque catégorie, soit 12 protagonistes avec forces et faiblesses. Il faut faire le bon choix !
Lui rentrer dans le lard
L’idée, si vous incarnez l’un des 4 mercenaires, est de traquer la Bête (son petit nom) pour l’éliminer avant qu’elle évolue au niveau 3 et qu’elle détruise le relais de votre base. Il faut donc coordonner ses actions et veiller aux différentes indications trahissant la présence du monstre. Outre les hurlements de la bestiole, vous devez faire attention aux volatiles qui paniquent, aux arbres dévastés, aux traces de pas (qui deviennent surbrillantes) ou encore aux créatures ayant subi le courroux de votre proie. Même bien armée, la troupe doit faire attention car le monstre est très puissant. En revanche, ce dernier doit obligatoirement trahir sa position en se nourrissant d’autres êtres vivants pour atteindre le stade 3 d’évolution. C’est seulement avec cette transformation qu’il pourra attaquer le relais. Oui, Evolve prône un concept d’une rare intelligence.

L’exploration et la détection
La première phase de jeu consiste à repérer le monstre. Celui-ci se déplace très rapidement et peut exploiter l’environnement comme bon lui semble. Bien que très imposante, la créature peut grimper et effectuer des bonds vertigineux. C’est donc à un véritable jeu du chat et de la souris que les joueurs se livrent. Si le joueur qui incarne le monstre sait se faire discret, plusieurs longues minutes peuvent s’écouler avant que l’affrontement ne s’impose. Heureusement, outre les différences traces trahissant la position du monstre, les mercenaires peuvent compter sur leurs différents « talents », mais aussi sur un chien mutant qui les accompagne : Daisy. En plus de pister le monstre, ce toutou de l’espace peut soigner les blessés. Très pratique !
L’inévitable assaut
Pour mener à bien l’affrontement, les troupes doivent coopérer. Comme vous vous en doutez, la catégorie Assaut correspond aux grosses pétoires, avec bouclier ou encore pose de mines. Le Support, quant à lui, possède la force de frappe la plus puissante. Outre un camouflage thermo-optique, il peut compter sur des bombes qu’il peut littéralement balancer dans la tronche du monstre. Le Soigneur, comme son nom l’indique, est là pour médicaliser tous ses camarades. Grâce à des seringues, il peut aussi faire baisser les capacités du monstre, voire ralentir sa cadence. Enfin, pour terminer, le Trappeur s’occupe de la pose des pièges. C’est grâce à lui que la zone se voit soudainement limitée par une barrière électromagnétique, empêchant le monstre de s’échapper. Il faudra donc veiller à bien coordonner toutes les capacités de l’équipe pour s’en sortir.

Et le monstre dans tout ça ?
Pour le joueur qui incarne le monstre, il faut s’adapter aux mouvements de la créature. Bien que très vive, sa dégaine assez lourde demande une véritable stratégie. Celles et ceux qui estiment que la meilleure solution est de rentrer dans le lard vont vite déchanter. Malgré la force de frappe et la résistance du monstre, il faut vraiment se farcir 4 individus armés jusqu’aux dents. Il faut aussi prendre garde, durant les phases d’évolution, à ne pas se retrouver sous le feu de l’ennemi. Et vous vous rendrez vite compte que les différentes phases d’évolution modifient la stratégie. Au niveau 1, le plus faible, le monstre est encore assez chétif et peut se faire dézinguer rapidement. Il faut donc se nourrir et passer au stade d’évolution 2. A ce niveau, le monstre peut aussi bien choisir de rester silencieux ou au contraire tenter l’affrontement. Ce n’est qu’au stade 3 que le monstre est très puissant et peut détruire le relais.

Quid de la durée de vie ?
Evolve propose, pour le moment, 16 cartes assez variées (12 pour les modes normaux, 4 pour le mode défense), 12 personnages et 3 monstres (Goliath, Wraith et Kraken). Il y a donc de quoi faire, d’autant plus qu’il est tout à fait possible de jouer avec des bots (gérés par l’IA). Après, il faut bien le reconnaître, il n’y a pas de véritable campagne solo et le jeu est fait pour s’éclater en multijoueur. Mais il faut bien se rendre compte qu’Evolve ne conviendra pas à tout le monde, car il dépeint un concept qui se détache de tout ce qu’on a pu voir par le passé. On est donc à des années-lumière des FPS en ligne classique. Turtle Rock Studios a véritablement tenu sa ligne de conduite du début à la fin et nous offre un jeu à part, ultra prenant mais clairement destiné aux joutes online. Et c’est là encore une fois que le bât blesse. Si les joueurs jouent le jeu, les parties sont excellentes. S’ils font n’importe quoi, le jeu devient un grand n’importe quoi et il est préférable de quitter la partie pour trouver des joueurs plus intelligents. C’est triste à dire mais c’est véritablement dans ce type de productions originales que l’on rend compte de la bêtise des gens.
La lecture charge le lecteur YouTube.Conclusion du rédacteur : BON
Evolve est une bonne pioche. Bien réalisé (non sans quelques bugs) et prenant, il n’est pourtant pas à l’abri de quelques défauts, le pire étant de tomber sur des joueurs qui font n’importe quoi. Il faut aussi reconnaître que la faune n’a pas un grand intérêt, on l’oublie bien vite. Bref, il y a des petites choses à droite et gauche à améliorer mais l’ensemble tient quand même sacrément la route. Par contre, assurez-vous d’y jouer en multi, le mode solo étant présent mais totalement inintéressant au bout de quelques parties. Un bot ne remplacera jamais un être humain. Un bon jeu, mais peut-être pas l’expérience ultime, en attendant de possibles ajustements.
Les points forts :
- Le concept, très futé
- L’habile mélange entre traque et affrontement
- Visuellement très propre
- Bonne ambiance
Les points faibles :
- Aucun intérêt en solo
- Répétitif à long terme
- Quelques bugs
- Des ajustements à effectuer dans les prochaines semaines
- La bêtise de certains joueurs

Ouais donc vivement L4D3 ^^