Test : Ori and The Blind Forest
O comme Origines : Ori and The Blind Forest puise sa source dans les grands classiques des plateformers 2D. De Super Metroid en passant par A Link to the Past, les développeurs sont allés chercher ce qu’il y avait de meilleur dans ces jeux pour créer une fable, un conte onirique qui transporte le joueur jusqu’à lui faire traverser des émotions dignes des plus beaux films d’animation.
R comme Rétine : D’une beauté à couper le souffle, Ori and The Blind Forest est l’un des plus beaux jeux de ces derniers mois. Loin de s’appuyer sur une simple surenchère technique, le jeu hypnotise grâce à une direction artistique hallucinante, entre Disney et Ghibli, avec une justesse confondante dans le choix des couleurs.
I comme Identité : Il est de ces jeux qui bouleversent un joueur dès les premières secondes. Ori and The Blind Forest en fait partie intégrante. Son introduction, la finesse de sa mise en scène, ces moments d’accalmie qui côtoient des évènements beaucoup moins joyeux… le jeu de Moon Studios transpire le travail bien fait et impose une véritable identité. On est loin du jeu de commande…
A comme Animation : Magnifique ! Tout simplement magnifique ! Les animations sont proprement sidérantes. On se croirait devant un film d’animation, tant les artistes ont soigné la décomposition de chaque mouvement. Les mecs sont tous des anciens développeurs de titres AAA et ça se sent ! C’est juste un régal pour les yeux, d’autant plus que cette finesse se retrouve dans chaque moment du jeu.
N comme Nature : Il suffit de parcourir le jeu pour comprendre que les développeurs ont voulu s’appuyer sur des thèmes chers à Hayao Miyazaki et d’autres grands auteurs et réalisateurs. Déjà, le nom The Blind Forest ramène à la nature et les environnements traversés s’inscrivent dans cette logique écologique. Le message (universel) du jeu fait référence à l’image de la nature et tout ce qu’elle apporte à la vie organique.
D comme Dextérité : Ori and the Blind Forest reste un titre accessible mais qui demande une sacrée dextérité et un excellent sens du timing. En effet, le titre est un jeu de plateforme 2D de type Metroidvania. En clair, l’environnement est découpé en de multiples zones qui sont inaccessibles au départ. Ce n’est qu’en progressant qu’on acquiert de nouvelles capacités qui permettent d’évoluer dans ce labyrinthe rempli d’obstacles. Et certains de ces pouvoirs réclament une vraie concentration (le saut vertical est l’un des éléments centraux du jeu), le moindre pas pouvant se payer cash. En somme, du Die and Retry mais à la difficulté vraiment bien étudiée et progressive.

T comme Tragique : Si comme moi, vous vous êtes coupés de tout trailer ou infos sur le jeu, vous resterez probablement bouche bée à la fin de la séquence d’introduction. En quelques minutes, toutes les émotions transpercent le joueur : la tendresse, la joie, la tristesse… Le personnage principal, croisement entre plusieurs animaux (chat, lapin, singe…), est diablement attachant mais son compagnon, aussi attendrissant qu’un Baymax, ne peut décemment pas vous laisser de marbre. Et son destin (qui est retranscrit dès les premières minutes), encore moins.
H comme Hibou : L’antagoniste principal, Kuro, est un hibou maléfique qui ne supporte pas la lumière. Le volatile, très menaçant, s’intègre parfaitement dans l’univers majestueux de Ori and the Blind Forest. Et il est surtout beaucoup plus imposant que notre petit avatar. Kuro intervient à différents moments de l’aventure et ses apparitions sont toujours de grands moments. Les dév’ de Moon Studios savent créer du suspense et de la surprise !
E comme Énigmatique : Oui, Ori and the Blind Forest est un jeu énigmatique. Si les puzzles que l’on rencontre ne vous poseront pas de grands soucis, on se demande quand même constamment ce qui peut arriver. La créature que l’on incarne, bien que très vive, est bien frêle et les dangers qu’elle va devoir braver paraissent gigantesque à sa petite échelle. Par ailleurs, en dépit d’un scénario assez simple au demeurant, il faut bien reconnaître que le périple que l’on vit diffuse plusieurs messages. A vous de les découvrir !

B comme Balisé : En dehors des capacités de l’avatar, le chemin que vous empruntez est balisé et bloqué par diverses portes. Dans ces conditions, il faut récupérer différents artefacts, qui sont souvent bien protégés, pour passer. En terme de level design, Ori and the Blind Forest ressemble à s’y méprendre à Super Metroid avec ses couloirs et son aspect labyrinthique. Et malgré cela, on reste rarement bloqué grâce à une difficulté progressive et vraiment très bien dosée.
L comme Limpide : Limpide, c’est le terme. En cours d’aventure, il arrive que certains passages posent problème mais ils résistent finalement peu. Les développeurs de Moon Studios sont parvenus à instaurer une certaine difficulté sans frustrer le joueur. Cela n’empêche pas certains passages épiques d’être particulièrement coriaces, comme lorsque l’eau monte à une vitesse folle et qu’il vous faut atteindre le sommet avant d’être engloutis par les flots.
I comme Icône : Assurément, Ori and the Blind Forest s’impose d’ores et déjà comme une icône de Microsoft. Cette exclusivité, le constructeur y tenait depuis longtemps et tout semblait aller dans le sens d’un très grand jeu. Mais bon, les promesses habituelles, on connaît et on pouvait avoir quelques craintes. Mais une fois en main, force est de constater qu’on prend vraiment une tarte dans la gueule. La firme de Redmond n’a pas menti : c’est une p…. d’exclu !
N comme Noir : Malgré la débauche d’effets visuels et de couleurs, Ori and the Blind Forest prend le temps d’imposer des moments de rupture. Les teintes deviennent alors bien plus sombres et les éléments s’affolent autour de nous. Grâce à ces séquences, les créateurs du jeu parviennent à briser le sentiment de « confort » et font grimper la tension à différents paliers, tout en faisant voyager le joueur.
D comme Douce : Il suffit d’entendre le thème principal pour craquer ! C’est celui-ci qui revient en boucle tout au long de l’aventure mais qui prend différentes forces, parfois très calme, parfois beaucoup plus tonique et enrichi de multiples sonorités. Soyons-clair, la bande originale de Ori and The Blind Forest est juste somptueuse. Les cordes se marient au piano avec grâce et les voix viennent appuyer le côté onirique des graphismes. Juste superbe ! Le travail de Gareth Coker et l’orchestre philarmonique qu’il a dirigé pour ce jeu est incroyable (le tout a été enregistré dans un prestigieux studio de Nashville, temple de la musique).

F comme Forêt : Dans le jeu de Moon Studios, la forêt de Nibel s’apparente un véritable personnage. Au-delà des ennemis organiques que l’on rencontre, on est souvent confronté à différents pièges naturels. Après s’être farci le derrière à coups de ronces une bonne dizaine de fois, on prend le temps d’arpenter chaque zone avec minutie. Foncer dans Ori and The Blind Forest n’a aucun intérêt, si ce n’est d’aller à l’encontre de multiples dangers et situations incontrôlables.
O comme Onirique : Onirique, c’est le terme. Au-delà des environnements, de toute beauté et qui surprennent constamment (il suffit de découvrir les premiers décors aquatiques pour s’en convaincre), Ori and The Blind Forest additionne les références aux grands classiques de Miyazaki. Les développeurs ne s’en cachent d’ailleurs pas : Mon Voisin Totoro et Princesse Momonoké ont été de grosses sources d’inspiration.
R comme Respawn : C’est sans doute l’une des innovations majeures de Ori and The Blind Forest. C’est en effet le joueur qui choisit de positionner ses propres checkpoints et donc sauvegardes. Grâce à un système appelé « lien d’âme », le joueur concentre son pouvoir avec le bouton B et laisse alors éclore un halo d’énergie. Cette position sert alors de checkpoint/sauvegarde en cas d’échec mais aussi de portail vers le menu des compétences. C’est à cet endroit que vous pouvez booster vos pouvoirs (plus de puissance dans les attaques, affichages des bonus sur la carte, etc.).
E comme Éclair : Pour se battre, la créature que l’on incarne peut frapper mais surtout utiliser des attaques à distance. Ces sortes de flammes viennent alors toucher les ennemis qui s’affaiblissent. La résistance de ces derniers est matérialisée par une jauge, qu’il suffit de vider pour éliminer l’affreux. Ces différents sorts gagnent en puissance grâce au menu Compétences.
S comme Signature : Avec Ori and the Blind Forest, Moon Studios signe un véritable chef d’œuvre et impose leur patte dès leur second projet. Avec un tel vivier de talents, nul doute que Microsoft a visé juste. Il va falloir les suivre de près car le succès évident de Ori and The Blind Forest pourrait bien leur offrir des moyens encore plus redoutables dans un avenir proche.
T comme Tableau : Chaque environnement est un tableau de maître. Moon Studios a pris le temps pour créer son chef d’œuvre et chaque découverte est un délice pour les yeux. Au-delà des effets de lumière, parfois tamisés, parfois plus « bruts », le monde dans lequel on évolue est constamment en mouvement. La végétation bouge, les cascades poursuit leur périple, les lianes dansent… c’est juste magique ! Et dites-vous bien que l’univers a été entièrement dessiné… à la main, façon dessin animé traditionnel, ça calme !

Les points forts :
- Les graphismes, aussi sublimes que détaillés
- Les créatures du jeu, hyper attachantes
- Une histoire simple pour un message fort
- Des mécaniques bien huilées
- Certains pouvoirs très originaux
- La BO absolument fantastique
- La difficulté très bien dosée
- Les séquences fortes ou poignantes
- La richesse de l’univers
- Quasiment tout en fait… le meilleur jeu de cette année 2015 pour l’instant !
Les points faibles :
- Une caméra un peu trop éloignée
- Une légère inertie dans les déplacements
- Les autres jeux, les pauvres…
Conclusion du rédacteur : INDISPENSABLE
Moyenne des notes de la presse française :

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