Frenchgamers, l’actualité du jeu vidéo

Test : Dying Light

Éditeur : Warner Bros. Games / Développeur : Techland / Date de sortie : 27.01.2015 / Testé sur : PC

C’est désormais une mode. Pas une année ne passe sans que nous ayons le droit à notre lot de zombies. Chair putride, corps écharnés, haleine fétide… ces amoureux de la “nature” ne nous lâchent plus d’une semelle. Dying Light, réalisé par Techland, tente de revisiter le mythe en incorporant un cycle jour/nuit bien amené. Suite spirituelle de Dead Island, conçu par le même développeur, Dying Light plonge le joueur dans une ambiance parfois chaleureuse, parfois plus tamisée, où palmiers et couchers de soleil somptueux se côtoient. L’avion approche de votre point de chute, l’aventure peut commencer. Ce qui ressemble à un endroit bucolique va vite se transformer en virée en enfer. Et à la différence d’autres productions, Dying Light balance la sauce à la seconde près !

07

C’est l’histoire d’un mec,  Kyle Crane, qui débarque en territoire hostile afin de s’infiltrer dans une zone de quarantaine : la ville d’Harran en Turquie. Votre rôle (si vous l’acceptez, blablabla) est de pénétrer dans cette cité pour comprendre et stopper les agissements d’un dictateur super vénère du nom de Rais “Kadir” Sulaiman, tout en mettant la main sur un dossier d’une importance capitale. La soute de l’avion ouverte, vous plongez dans le vide pour apercevoir l’étendue de la ville. En tant que membre du GRE, vous vous attendez à une mission difficile. Et ça ne loupe pas ! A peine le pied posé au sol, vous êtes assaillis par trois individus armés. Rué de coups, vous parvenez à en toucher un, tandis que les deux autres s’enfuient. Et pour cause, des cris d’outre-tombe s’échappent des ruelles environnantes  et des zombies débarquent à toute vitesse pour vous croquer. D’abord mordu au bras, vous êtes sur le point de vous faire dévorer lorsqu’un homme et une femme interviennent. Il s’en est fallu de peu… Le reste, on vous laisse le découvrir. Mais pour une entrée, c’est carrément un plat de résistance que nous sert Techland.

01

Le Newbie, au boulot !

Heureusement, cette intro fracassante laisse place à un véritable moment d’accalmie. En tant que bon soldat qui se respecte, vous décidez d’aider ceux qui vous ont sauvé. En guise de tutorial, outre tous les aspects du craft (création d’objets à partir de plusieurs éléments), Kyle passe par la case “Mirror’s Edge” avec un bon vieux passage sur une grue à des dizaines de mètres du sol. La première bonne surprise vient du rythme du jeu :  les déplacements sont vifs et si l’utilisation de la touche de tranche pour le saut peut sembler étrange, on s’y fait vite. Mieux, cela donne carrément une véritable souplesse aux mouvements. Pas de doute, vous allez crapahuter comme un petit fou à Harran. N’oubliez jamais que les hauteurs sont, au départ, une zone de sûreté.  Mais revenons à nos zombies ! Dans l’obligation de faire vos preuves, vous êtes vite jetés en pâture afin de réalimenter les différents points stratégiques du coin en réactivant les générateurs électriques. Mais Harran est une place assez vaste, et il faudra faire preuve de malice pour effectuer les premières tâches. Et ce n’est que le début…

03

Le bon samaritain

Forcément, avec son expérience et sa ténacité, Kyle Crane s’apparente à un bon gaillard. Mais s’il agit de la sorte, c’est aussi et surtout parce que le premier contact avec un zombie lui a été fatal. Il a été mordu et est donc sujet à des spasmes l’obligeant à utiliser une sorte d’antidote permettant de retarder les effets de la “zombification” : l’Antizine.  Plusieurs personnages clés vont intervenir et vont permettre à notre GI en herbe de sauver sa peau, avant que celle-ci ne tombe comme une vieille toile de peintre.  D’ailleurs, en parlant de peinture, ce n’est pas l’hémoglobine qui manque. Et vas-y qu’on défouraille du zombie à tout va, avec grandes gerbes de sang et cadavres littéralement ouverts sur la voie publique. Enfin, publique, c’est un grand mot ! Car, a part des zombies (dans différentes variantes, certaines étant redoutables),vous ne croiserez finalement pas beaucoup d’humains. Outre vos compagnons de galère, certains individus ont décidé de semer l’anarchie (vous vous souvenez de Raïs?), si bien qu’il faudra aussi vous en occuper. Pour réussir vos diverses missions, le jeu utilise tout un système d’améliorations des compétences, celles-ci étant basées sur la résistance, l’agilité ou la puissance. Vous pouvez également vous munir de nouvelles fringues, plus à même de résister à des morsures voraces. Votre inventaire est votre ami, ne l’oubliez pas ! Il faut veiller à ce que vos armes soient suffisamment résistantes, sous peine de devoir sans arrêt passer de l’une à l’autre. Et souvent, surtout au début, ce sont vraiment de foutues armes artisanales qui deviennent inefficaces au bout de cinq ou six coups.

04

La vraie bonne idée du jeu ?

Mais sa vraie force, le jeu de Techland la puise ailleurs. Dying Light s’appuie sur un concept aussi simple qu’efficace : le cycle jour/nuit. En pleine journée, les zombies sont des êtres lents, incapables d’effectuer des mouvements évolués (attention tout de même, ils peuvent s’aider de différents moyens pour grimper). En revanche, la nuit, lors la pénombre vient envelopper la ville de Harran, c’est carrément du suicide de s’y aventurer sans être bien équipé. Les zombies (Rapaces de nuit) sont ultra rapides, terriblement dangereux et sont comme dans un état de transe façon macabre land. Et comme vous êtes un bleu et qu’il est de bonne augure de se faire des amis, vous allez effectuer un max de quêtes secondaires, en plus de la trame principale. L’occasion d’arpenter la vaste zone du jeu (de nuit, les points de compétences sont carrément doublés, preuve d’un danger beaucoup plus présent). Même s’il faut reconnaître que la variété n’est pas vraiment au rendez-vous. On a quand même l’impression de se manger du copier-coller par 10 et la lumière tamisée/orangée ne suffit pas à masquer la relative répétitivité visuelle qui s’installe. Et pourtant, la formule fonctionne et même plutôt pas mal. Malgré un scénario qui tend vers les stéréotypes à outrance (on sent venir les évènements à des kilomètres), le gameplay de Dying Light assure ! C’est jouable (malgré quelques petits soucis de grimpette de temps à autre, notamment dans le cadre des antennes à réactiver), le tout est nerveux et réagit au quart au tour et les collisions sont bien gérées. Et heureusement, car dans la pénombre, il faut savoir réagir immédiatement mais aussi prendre la bonne décision : fuir ou se planquer. Sur la map prévue à cet effet, et grâce à votre “sixième sens” (activable à tout moment), vous pouvez ainsi détecter les ennemis les plus proches. De nuit, cette “partie de cache-cache” avec les zombies est indispensable. Et sincèrement, ça fait flipper !

05

Un  moteur nickel “chrome”

Le Chrome Engine 6, c’est son nom, est une belle preuve du talent de Techland. Visuellement, le tout est vraiment agréable à l’œil et on peut observer des dizaines et des dizaines de particules dans l’air. Les effets pyrotechniques (flammes, explosions…) sont particulièrement réussis tout comme l’impression d’un vent qui souffle de manière plus ou moins violente. Doté d’un éclairage très travaillé, Dying Light a cette patte next-gen qui laisse apprécier un environnement à perte de vue et des textures de qualité (même si toutes ne sont pas au même niveau). Encore une fois, c’est vraiment la variété graphique qui pêche. Mais grâce au cycle jour/nuit, on oublie vite les quelques lacunes visuelles pour se pencher sur son atmosphère surprenante. Il m’est ainsi arrivé de vouloir terminer une mission avant de pénétrer dans une zone sécurisée (ces places sont des lieux qui, comme le nom l’indique, sont barricadées et on peut même nettoyer des zones inoccupées pour en faire des bastions sécuritaires). Je me suis ainsi retrouvé, alors que la nuit s’approchait à grands pas, à grimper sur une antenne. J’ai failli me péter la tronche à différentes reprises, si bien que j’ai été obligé d’allumer ma lampe. De nuit, il faut le faire de manière très succincte. C’est alors que l’obscurité s’est mariée aux quelques lumières de la ville et qu’un orage a éclaté. Et là, je peux vous dire que j’en ai pas mené large. Dans les hauteurs, je ne risquais pas grand chose (à condition d’être discret) mais la musique n’était pas la même une fois au sol. Par cette simple séquence, j’ai compris toute l’immersion de Dying Light. De jour, les missions peuvent s’enchaîner à vitesse grand V avec moult actions et du fun à en revendre. De nuit, le gameplay est totalement bouleversé par la présence d’ennemis redoutables et d’une propension évidente à l’infiltration et la discrétion. Re-dou-ta-ble ! Sans ce scénario un peu trop “catalogué” et des environnements plus variés, Dying Light avait tout pour être un hit !

06

La chasse aux zombies à plusieurs

Les développeurs de Techland, dans leur grande bonté, ont ajouté des phases multijoueur pour les amateurs de scoring en ligne. On peut ainsi participer à des joutes musclées jusqu’à 4 joueurs. Si l’espace de jeu est cette fois fermé, cela apporte beaucoup de dynamisme aux parties. Il est aussi possible d’affronter des joueurs infiltrés dans votre propre partie, alors que vous êtes en cours d’aventure. Ce mode, intitulé Be A Zombie, est très fun mais peut s’avérer extrêmement intrusif. C’est donc à vous de choisir ou non l’option d’ouvrir votre partie aux autres. Mais mine de rien, le tout fonctionne plutôt pas mal ! Entre chasseur/Hunter (il faut tuer dix fois la proie) et chassé (il faut détruire 5 nids), le danger peut venir de partout ! En tout cas, avec la possibilité de jouer en coopération et les différents modes, Dying Light fait le job ! Il reste perfectible certes, mais c’est aussi une véritable surprise ! On pouvait s’attendre à un énième jeu de zombie, sans véritable personnalité. Il est bien plus que cela. Même s’il n’est pas parfait, il distille une ambiance assez géniale. Lorsque la nuit tombe, on hésite vraiment à quitter son abri sécurisé. Preuve que le pari est réussi !

Conclusion du rédacteur :  TRÈS BON

Dying Light est un titre surprenant. Plus qu’un nouveau jeu de zombie, il parvient à redéfinir le genre en intégrant plusieurs idées bien senties. Le cycle jour/nuit est véritablement la plaque tournante du jeu de Techland. De jour, le joueur peut foncer, s’adonner à du massacre en règle et ne craint finalement pas grand-chose (à condition de développer ses compétences). La nuit, en revanche, les règles sont totalement bouleversées. Des ennemis redoutables apparaissent et les zombies que vous croisez en journée sont beaucoup plus dangereux. Rempli de bonnes idées, avec quelques lacunes, Dying Light est un titre de qualité, qui plus est avec une durée de vie convaincante.

La lecture charge le lecteur YouTube.

Les points forts : 

  • Liberté de déplacement et parkour
  • L’excellente utilisation du cycle jour/nuit
  • Très prenant et rempli de bonnes idées
  • Visuellement agréable
  • Multi futé

Les points faibles :

  • Environnements pas assez variés
  • Quelques soucis de grimpette par moment
  • Bestiaire souvent copié-collé
  • Scénario bateau, qu’on sent venir des kilomètres à la ronde
  • Certains personnages pas assez exploités

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre e-mail ne sera pas publié. Les commentaires sont relus avant publication.