Test 007 First Light : IO Interactive signe le meilleur jeu James Bond depuis des décennies
Les créateurs de Hitman racontent les débuts d’un jeune James Bond, de l’Islande à l’Antarctique. Infiltration, bluff, corps à corps et poursuites en Aston Martin : 007 First Light donne enfin vie au fantasme de l’agent secret.
Il aura fallu près de trente ans pour que James Bond retrouve un jeu digne de son rang. En confiant la licence aux créateurs de Hitman, Amazon MGM Studios a vu juste : 007 First Light, sorti le 27 mai sur PS5, Xbox Series et PC, s’est vendu à plus de 4 millions d’exemplaires en trois mois et compte parmi les jeux les mieux accueillis de l’année. Une version Switch 2 est attendue le 18 mars 2027.
La lecture charge le lecteur YouTube.Gagner son matricule
First Light raconte les origines du héros, réinventées pour l’occasion. James Bond a 26 ans. Membre d’équipage de l’aéronavale britannique, il est recruté par le MI6 pour rejoindre un programme double zéro ressuscité. Ingénieux, parfois téméraire, il doit encore « gagner son matricule ». Le personnage ne reprend les traits d’aucun acteur des films : c’est Patrick Gibson qui l’incarne, avec un mélange d’assurance et de fragilité qui fonctionne à merveille.

Autour de lui, une distribution de premier plan : Lennie James en mentor, Priyanga Burford en M, Alastair Mackenzie en Q, Gemma Chan, Noémie Nakai et même Lenny Kravitz, dans le rôle de Bawma. Le thème principal est interprété par Lana Del Rey et coécrit par David Arnold, compositeur historique de la saga. La critique a salué une écriture et une mise en scène dignes du grand écran.
Un tour du monde d’espion
Comme tout bon Bond, l’aventure voyage : un site de recherche gouvernemental en Islande, le siège du MI6 à Londres, un entraînement à Malte, un palace des Carpates en plein championnat du monde d’échecs, un marché noir tenu par des pirates en Mauritanie, un gala dans un musée de Kensington, un resort tropical au Vietnam et une base secrète en Antarctique. Chaque décor a son identité, et le Glacier d’IO Interactive fait des merveilles.
L’héritage de Hitman, en plus spectaculaire
La recette mêle infiltration, enquête et action. Dans la tradition des Hitman, chaque situation peut s’aborder de plusieurs façons : discrètement, en jouant de la parole et du bluff, ou de manière plus frontale. Bond est avant tout un agent non létal : son permis de tuer ne s’active que face à une menace mortelle, et les munitions sont limitées, ce qui oblige à récupérer les armes adverses. Les gadgets de Q, à commencer par une montre capable de pirater et de neutraliser au laser, ouvrent de nouvelles possibilités.

Le corps à corps, inspiré des Batman Arkham avec ses parades et ses neutralisations, est sec, lisible et très satisfaisant. Et pour la première fois chez IO Interactive, on prend le volant : Aston Martin Valhalla, véhicules Jaguar Land Rover et moto Triumph sont de la partie, pour des scènes d’action qui n’ont rien à envier aux films de l’ère Pierce Brosnan.
Plus dirigiste qu’un Hitman
Ceux qui attendent les grands bacs à sable de la trilogie World of Assassination doivent le savoir : First Light est plus linéaire et un peu moins rejouable. C’est un choix assumé au service de la narration, mais certains niveaux laissent moins de liberté que ce que le studio sait offrir. Le rythme connaît aussi quelques creux, et les séquences de conduite, spectaculaires, restent plus anecdotiques que le reste. Comptez une vingtaine d’heures pour l’histoire.

Un suivi généreux
IO Interactive soigne l’après-lancement. Le DLC gratuit Extended Operations, sorti le 1er octobre, ajoute un New Game+, une difficulté « 00 » où deux coups suffisent à vous abattre, de nouvelles missions d’entraînement TacSim avec classements, dont quatre au volant d’une Aston Martin dans les montagnes slovaques, et un mode photo. Sur PC, le jeu a reçu le path tracing en septembre. D’autres contenus sont annoncés pour la première année.
Verdict
007 First Light est sans doute le meilleur jeu James Bond depuis l’époque de la Nintendo 64. IO Interactive y marie son savoir-faire en infiltration à une mise en scène de blockbuster, et offre à 007 une origine moderne, élégante et attachante. Il est un peu moins libre qu’un Hitman, mais bien plus spectaculaire. Vivement la suite.
Fiche technique
- Développeur : IO Interactive
- Éditeurs : IO Interactive et Amazon MGM Studios
- Sortie : 27 mai 2026 sur PS5, Xbox Series X|S et PC ; 18 mars 2027 sur Switch 2
- Prix : 69,99 € (Steam)
- Durée : une vingtaine d’heures
- Modes : solo, classements en ligne pour les missions TacSim
Verdict
IO Interactive a réussi son pari : 007 First Light est un grand jeu d’espionnage, élégant, bien écrit et spectaculaire, qui donne enfin au joueur la sensation d’être James Bond. Moins ouvert qu’un Hitman, il gagne en mise en scène ce qu’il perd en liberté. Mission accomplie.
On a aimé
- Le fantasme Bond rendu comme jamais
- Patrick Gibson, excellent jeune 007
- Une écriture et une mise en scène de cinéma
- Une liberté d’approche héritée de Hitman
- Un corps à corps percutant
- Des décors variés, de l’Islande à l’Antarctique
- Un DLC gratuit qui ajoute New Game+ et difficulté 00
On a moins aimé
- Moins ouvert et rejouable qu’un Hitman
- Un rythme parfois inégal
- Des phases de conduite plus anecdotiques
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