Test Resident Evil Requiem : Grace, Leon et la peur à l’état pur
Pour les 30 ans de la série, Capcom réunit l’horreur pure et l’action débridée dans un même jeu. Avec Grace Ashcroft et Leon S. Kennedy, Resident Evil Requiem offre deux aventures en une, et quelques-unes des séquences les plus terrifiantes de la saga.
Trente ans après le premier épisode, Capcom ne se contente pas de souffler les bougies. Resident Evil Requiem, sorti le 27 février sur PS5, Xbox Series, PC et Switch 2, est un jeu-anniversaire qui convoque tout ce qui a fait la série : la peur des couloirs, l’angoisse des munitions qui manquent, mais aussi l’action spectaculaire de Resident Evil 4. Le public a répondu présent, avec plus de 8 millions d’exemplaires vendus en quatre mois, un record pour la saga.
La lecture charge le lecteur YouTube.Trente ans après Raccoon City
L’histoire se déroule une trentaine d’années après la catastrophe de Raccoon City. Grace Ashcroft, analyste du FBI et fille d’Alyssa Ashcroft, l’héroïne de Resident Evil Outbreak, enquête sur une série de morts mystérieuses parmi les survivants de la ville. Son enquête la mène entre les mains de Victor Gideon, qui la retient au centre de soins de Rhodes Hill. Sur la même piste, un vieux briscard : Leon S. Kennedy, lui-même visiblement affaibli par le virus. On n’en dira pas plus, sinon que le retour dans les ruines de Raccoon City vaut le détour.
Grace, ou la peur à l’état pur
La première moitié du jeu appartient à Grace, et c’est un sommet de la série. Jouée par défaut en vue à la première personne, elle n’a rien d’une guerrière : inventaire réduit, couteaux bricolés qui se brisent, munitions rares. Il faut éviter, se cacher, contourner. Rhodes Hill, labyrinthe digne du manoir Spencer, regorge d’énigmes, de clés à trouver, de salles de sauvegarde et de machines à écrire, pour le plus grand bonheur des puristes.

L’idée la plus forte tient dans le sang. Grace récolte le sang infecté pour fabriquer des soins et des injecteurs hémolytiques, qui permettent d’éliminer discrètement un zombie et de faire disparaître les corps. Car ici, un cadavre laissé au sol peut se relever et muter en une créature bien plus dangereuse. Chaque combat devient un choix : gaspiller une ressource maintenant, ou risquer de le payer plus tard. Les zombies eux-mêmes, prisonniers des gestes de leur vie passée, sont modélisés et animés avec un soin remarquable, et n’en sont que plus dérangeants. La presse a été unanime : certaines rencontres comptent parmi les plus effrayantes de l’histoire de la série.
Leon, le retour du héros d’action
Changement de registre avec Leon, joué par défaut à la troisième personne, dans la lignée de Resident Evil 4. Hachette affûtée, tronçonneuse, armes ennemies que l’on ramasse et que l’on renvoie : l’agent fédéral enchaîne les mises à mort avec une élégance de film d’action. Chaque élimination rapporte de l’argent à dépenser chez un marchand pour améliorer son arsenal, et l’inventaire prend la forme d’une mallette à organiser, comme dans RE4. La caméra peut d’ailleurs être changée pour chaque personnage, selon les préférences de chacun.

Sa moitié de l’aventure se déroule dans un Raccoon City en ruines, une carte plus ouverte mais toujours construite autour des objets clés à trouver pour progresser. Les combats de boss, eux, sont tous réussis, sans le moindre temps faible.
Deux jeux en un
C’est la force et la singularité de Requiem : il propose deux expériences très différentes. Le passage de l’horreur étouffante de Grace à l’action débridée de Leon surprend, et certains joueurs auraient aimé que les deux styles s’entremêlent davantage, plutôt que de se succéder. Le scénario, lui, joue beaucoup la carte de la nostalgie et des clins d’œil aux fans, au risque de laisser un peu de côté ses antagonistes. Mais pour qui aime Resident Evil, il est difficile de bouder un tel hommage.

Une réalisation de prestige
Requiem est un blockbuster poli jusque dans ses moindres recoins. Sur PS5, le jeu tourne à 60 images par seconde avec le ray tracing, et la PS5 Pro propose même un mode 120 Hz. Sur Switch 2, le ray tracing disparaît et la résolution baisse nettement, surtout en mode portable, mais Digital Foundry a salué l’un des meilleurs portages de la console. Capcom a aussi soigné l’accessibilité : préréglages contre le mal des transports, sous-titres personnalisables, taille du texte de l’interface, remappage complet. Le jeu est entièrement doublé en français.
Comptez une dizaine d’heures pour une première partie, davantage pour qui fouille chaque recoin. Des défis débloquent armes et costumes pour les parties suivantes, un mode « Classic » limite les sauvegardes et un mode bonus gratuit, Leon Must Die Forever, a été ajouté après la sortie. Un DLC scénarisé est en développement.
Verdict
Resident Evil Requiem est un très grand Resident Evil, et un anniversaire réussi. La partie de Grace est un modèle de survival-horror, celle de Leon un pur plaisir d’action, et la réalisation impressionne sur toutes les machines. Si le contraste entre les deux moitiés peut dérouter, la générosité de l’ensemble l’emporte largement. Et pour la suite, la série prépare déjà le remake de Code: Veronica.
Fiche technique
- Développeur et éditeur : Capcom (réalisation : Kōshi Nakanishi)
- Sortie : 27 février 2026 sur PS5, Xbox Series X|S, PC et Switch 2
- Prix : 69,99 € (Steam)
- Durée : une dizaine d’heures pour l’histoire
- Modes : solo
Verdict
Resident Evil Requiem offre deux grands jeux en un : un survival-horror d’une intensité rare avec Grace, et un festival d’action avec Leon. Le passage de l’un à l’autre surprend, mais l’ensemble est poli, généreux et terrifiant. Un anniversaire à la hauteur de la légende.
On a aimé
- La partie de Grace, parmi les plus terrifiantes de la série
- Les phases de Leon, nerveuses et jouissives
- Des zombies inquiétants, d’une grande finesse
- Des boss tous mémorables
- Une réalisation de très haut vol
- Un bel hommage aux 30 ans de Resident Evil
- Un portage Switch 2 réussi
On a moins aimé
- Deux moitiés au ton très différent
- Un scénario qui s’appuie beaucoup sur la nostalgie
- Peu de modes bonus au lancement
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