Frenchgamers, l’actualité du jeu vidéo

Test Zelda Ocarina of Time (Switch 2) : la légende, réaccordée

Vingt-huit ans après, Nintendo refait Ocarina of Time de zéro sur Switch 2. Un remake qui respecte chaque note de la partition originale tout en la jouant enfin avec l'écrin qu'elle méritait. Un chef-d'œuvre, tout simplement.

Plateforme : Nintendo Switch 2 (exclusivité)Éditeur / Développeur : NintendoGenre : Action-aventureSortie : 5 novembre 2026Taille : ~25 GoTesté sur : Switch 2, en mode TV et portable

Il y a des jeux que l’on n’ose pas toucher. Ocarina of Time en fait partie : le titre de 1998 trône toujours au sommet de l’histoire du jeu vidéo, et toute une génération en connaît chaque recoin par cœur. Pour les 40 ans de la série, Nintendo a pourtant décidé de le reconstruire entièrement pour la Switch 2. Après de longues heures passées entre la forêt Kokiri et le château de Ganondorf, notre conclusion est simple : c’est le plus beau cadeau que la saga pouvait se faire.

La lecture charge le lecteur YouTube.

La bande-annonce de présentation officielle du remake.

Le réveil de la forêt

Le premier choc arrive dès les premières minutes. L’Arbre Mojo, colossal, ses feuilles qui tourbillonnent dans la lumière, la petite fée Navi qui file entre les racines pour réveiller un jeune Kokiri sans fée… La scène est la même qu’il y a vingt-huit ans, mot pour mot ou presque, et pourtant on a l’impression de la découvrir. Nintendo n’a pas lissé quelques textures : le jeu a été refait de zéro, avec un rendu détaillé, une lumière naturelle et une direction artistique qui assume pleinement un style « conte animé » plutôt que le réalisme pur.

L'Arbre Mojo dans la forêt Kokiri, Zelda Ocarina of Time Switch 2
L’Arbre Mojo, premier rendez-vous et premier frisson.

Le village Kokiri a gagné en densité, les Bois Perdus en mystère, et le premier donjon, à l’intérieur de l’Arbre Mojo, conserve exactement la structure que l’on connaît. C’est là toute la philosophie du remake : ne rien trahir. Les énigmes, l’ordre des donjons, les secrets et les dialogues sont fidèles à l’original. Ce qui change, c’est la façon dont on les vit.

Link et Saria dans la forêt Kokiri
Saria et Link : une scène d’adieu qui n’a rien perdu de sa force.

Hyrule comme on l’avait toujours imaginé

En 1998, notre imagination comblait les trous laissés par les polygones de la Nintendo 64. En 2026, la Switch 2 affiche enfin l’Hyrule que l’on avait en tête. La plaine d’Hyrule s’étend sous des ciels changeants, le ranch Lon Lon respire la vie paisible, le village Cocorico grouille d’habitants et le domaine Zora scintille sous ses cascades. Chaque lieu emblématique a été recomposé avec un soin maniaque, sans jamais perdre sa silhouette d’origine : on se repère instinctivement, comme si l’on rentrait chez soi après un long voyage.

Forêt Kokiri
La forêt Kokiri
Château d'Hyrule
Le château d’Hyrule
Ranch Lon Lon
Le ranch Lon Lon
Village Cocorico
Le village Cocorico
Cité Goron
La cité Goron
Domaine Zora
Le domaine Zora

Six lieux mythiques, reconstruits sans rien perdre de leur identité.

Les personnages profitent eux aussi de ce lifting. La princesse Zelda, dans le jardin du château, a désormais un regard et des expressions qui donnent un poids nouveau à la fameuse rencontre. Ganondorf, lui, impressionne bien davantage : son arrivée sous l’orage, sur son destrier noir, est l’une des scènes les plus marquantes du jeu. Et pour la première fois, les cinématiques sont entièrement doublées, ce qui renforce considérablement la mise en scène des moments clés de l’aventure.

La princesse Zelda enfant
Une Zelda plus expressive que jamais.
Ganondorf sur son cheval sous l'orage
Ganondorf, enfin à la hauteur de sa légende.

60 images par seconde, et tout change

On l’oublie souvent, mais la version Nintendo 64 tournait autour de 20 images par seconde, avec des chutes notables dans les grands espaces. Le remake, lui, tient un 60 images par seconde d’une stabilité remarquable, aussi bien sur la télé qu’en mode portable. C’est sans doute l’amélioration la plus concrète de toutes : les combats gagnent en lisibilité, le ciblage devient plus naturel et chaque coup d’épée répond au quart de tour.

Côté technique pure, le résultat est très solide. En portable, la résolution descend pour préserver la fluidité et l’on remarque un léger scintillement lors des mouvements de caméra ou quelques décors lointains un peu adoucis, mais rien qui ne vienne gâcher l’émerveillement. Les chargements, eux, se font très discrets.

Link renvoie l'attaque de Ganon Spectral
Le duel de « tennis » contre Ganon Spectral, plus spectaculaire et plus nerveux que jamais.

Une prise en main enfin moderne

La vraie bonne surprise se trouve dans les commandes. Link dispose désormais d’un bouton de saut dédié et peut courir, deux ajouts qui paraissent anodins mais qui transforment la circulation dans le monde et dans les donjons. Les allers-retours sont plus rapides, les phases de plateforme plus naturelles, et l’on ne se surprend plus à rater un rebord parce que le saut automatique n’a pas voulu se déclencher.

Le tir à l’arc, au lance-pierre ou au grappin profite d’une visée gyroscopique précise et agréable, . Le ciblage, pilier du système de combat inventé par ce jeu, reste fidèle à lui-même, ce qui ravira les puristes même si un réglage supplémentaire n’aurait pas été de refus. Dans l’ensemble, Link se manie avec une souplesse qui rend le voyage nettement plus confortable, quitte à rendre certains affrontements un peu moins exigeants qu’à l’époque.

La lecture charge le lecteur YouTube.

Saut, course, visée gyroscopique, doublage : toutes les nouveautés en vidéo.

L’ocarina, joué pour de vrai

Impossible de parler de ce jeu sans parler de son instrument. Les mélodies sont toujours jouables à la manette, mais la Switch 2 ajoute une petite touche de magie : il suffit de fredonner l’air dans le micro de la console pour que l’ocarina de Link réponde. La première fois que l’on chantonne la Berceuse de Zelda ou le Chant d’Epona et que le jeu réagit, le sourire est garanti. C’est un gadget, certes, mais un gadget parfaitement dans l’esprit du jeu, qui rappelle à quel point la musique est au cœur de cette aventure.

Link joue la Berceuse de Zelda à l'ocarina
La Berceuse de Zelda, à la manette… ou à la voix.
Fredonner une mélodie dans le micro de la Switch 2
Le micro de la Switch 2 reconnaît les mélodies fredonnées.

Les compositions de Koji Kondo, elles, n’ont rien perdu de leur pouvoir d’évocation. Le thème de la plaine d’Hyrule au lever du jour, la mélodie solennelle du Temple du Temps, l’insouciance du ranch Lon Lon : portées par ces nouveaux décors, elles touchent encore plus juste.

La lecture charge le lecteur YouTube.

« Mystérieuses mélodies » : la vidéo officielle consacrée à l’ocarina.

Sept ans plus tard, la même émotion

Puis vient le moment que tout le monde attend : Link retire l’Épée de Légende de son socle et se réveille sept ans plus tard, dans un Hyrule ravagé par Ganondorf. La transition entre l’enfance et l’âge adulte n’a rien perdu de son impact. Mieux : la richesse visuelle du remake accentue le contraste entre le royaume lumineux de la première partie et le monde assombri de la seconde. La place du marché en ruines, le ciel menaçant au-dessus du château… L’effet est saisissant.

Link enfant et Link adulte
D’un âge à l’autre : le cœur du jeu, intact.

Les donjons de la période adulte, du Temple de la Forêt au Temple de l’Esprit, restent des modèles de level design. Leur architecture n’a pas bougé d’un iota, mais la nouvelle mise en lumière, les effets d’eau, de feu et de brume leur donnent une atmosphère beaucoup plus marquée. Le Temple de l’Ombre, notamment, est devenu franchement inquiétant. Et la chevauchée sur Epona à travers la plaine, avec la course désormais fluide, reste l’un des plus beaux moments de liberté que le jeu vidéo ait offerts.

Link adulte sur Epona cabrée dans la plaine d'Hyrule
Epona et la plaine d’Hyrule : la liberté à l’état pur.

Des nouveautés discrètes mais bien vues

Nintendo a aussi glissé quelques ajouts qui facilitent la vie sans jamais dénaturer l’expérience. Le Fil du Temps (« Threads of Time » en VO) prend la forme d’une tapisserie qui se remplit au fil de l’histoire : on peut y revoir les événements passés et, surtout, retrouver son objectif en cours. Une bénédiction pour ceux qui reprennent une partie après quelques jours de pause, et une façon élégante de remplacer les conseils parfois insistants de Navi.

Le Fil du Temps, la tapisserie qui retrace l'aventure
Le Fil du Temps retrace l’aventure et rappelle l’objectif en cours.

Autre nouveauté, la salle des ennemis vaincus (« Hall of Fallen Foes » en VO) réunit les statues des monstres et des boss terrassés. On peut y consulter leurs informations et, surtout, les affronter à nouveau, avec un chronomètre pour les plus compétitifs. De quoi revivre les grands duels du jeu bien après les avoir remportés, et prolonger l’aventure une fois le générique passé.

La salle des ennemis vaincus
La salle des ennemis vaincus, pour revivre chaque combat de boss.
La lecture charge le lecteur YouTube.

« Mettez votre courage à l’épreuve » : la bande-annonce officielle.

Les quelques réserves

Parce qu’un chef-d’œuvre mérite aussi un regard honnête, signalons les rares points qui feront débat. Le remake joue la carte de la fidélité absolue : ceux qui espéraient des donjons inédits ou une histoire étoffée en seront pour leurs frais. L’absence de la Master Quest, la version « remixée » des donjons proposée sur d’autres supports, est un peu regrettable. Les nouvelles commandes, plus confortables, rendent aussi l’aventure globalement plus accessible qu’autrefois, et le rythme de certaines séquences, notamment entre deux donjons, accuse légèrement son âge. Enfin, la refonte de quelques personnages secondaires surprend au premier regard.

Mais ces réserves pèsent bien peu face à l’ensemble. Ce choix de la fidélité est aussi ce qui fait la force du jeu : Nintendo n’a pas cherché à corriger Ocarina of Time, seulement à lui offrir l’écrin qu’il méritait.

La lecture charge le lecteur YouTube.

« Serez-vous à la hauteur ? »

En conclusion

Rejouer à Ocarina of Time sur Switch 2, c’est retrouver un vieil ami qui n’a pas pris une ride, seulement de la carrure. Tout ce qui faisait la grandeur du jeu de 1998 est là : le monde, les donjons, la musique, la bascule entre l’enfance et l’âge adulte, ce sentiment unique d’aventure. Le remake y ajoute une réalisation superbe, une fluidité exemplaire, une prise en main enfin moderne et quelques idées bien senties. On pourra toujours rêver d’un peu plus d’audace ou d’un contenu bonus plus fourni, mais le résultat est là : c’est la meilleure façon de découvrir ou de redécouvrir l’un des plus grands jeux de tous les temps. Vingt-huit ans après, la légende n’a jamais aussi bien sonné.

La lecture charge le lecteur YouTube.

Le trailer de lancement : « Maintenant disponible ! »

Pour aller plus loin, retrouvez notre dossier sur l’accueil réservé au remake par la presse.

Verdict

Ocarina of Time sur Switch 2, c'est un vieil ami qui n'a pas pris une ride, seulement de la carrure. Le monde, les donjons, la musique et la bascule entre l'enfance et l'âge adulte sont intacts, sublimés par une réalisation superbe, une fluidité exemplaire et une prise en main enfin moderne. On pourra rêver d'un peu plus d'audace, mais c'est la meilleure façon de découvrir ou redécouvrir l'un des plus grands jeux de tous les temps.

On a aimé

  • Une refonte visuelle somptueuse, fidèle à l'esprit de l'original
  • Un 60 images/s très stable qui transfigure les combats
  • Le saut et la course, qui modernisent l'exploration
  • L'ocarina jouable à la voix, plein de charme
  • Des cinématiques entièrement doublées
  • Le Fil du Temps et la salle des ennemis vaincus
  • Des donjons toujours aussi brillants

On a moins aimé

  • La Master Quest absente
  • Un remake qui prend peu de risques
  • Une aventure plus accessible qu'à l'époque

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre e-mail ne sera pas publié. Les commentaires sont relus avant publication.